Hommage à André : Un Musicien Exceptionnel

Ce matin, nous allons célébrer les funérailles de mon ami André. André est un musicien un peu exceptionnel.

J’ai envie de vous partager une vidéo où on le voit « bien vivant », lors d’une conférence où il parle de son instrument préféré.

J’ai écrit un petit article en sa mémoire, qui paraitra dans le journal « Le canard Folk » d’ici quelques semaines.

« On a essayé de nous le  voler, ton bourdon, André.  Pourtant, on n’oubliera de sitôt le jeu de tes mains qui dansent sur le manche, avec la même vivacité du sillet au chevalet.  D’entendre ton médiator taquiner les cordes.  Ton coup de main qui fait vibrer ta table et craquer les éclisses.

A Toi, le musicien, le collectionneur, le pédagogue, l’animateur, l’historien des cordes pincées, l’ami de longue date, le papa à filles, le grand-père et – sans doute ton titre préféré – le macloteu tant aimé, nous sommes obligés de te regarder partir.

Avec ton épinette, tu étais bien connu des stagiaires des week-end Folk à Borzée et à Massembre.   Lors de la fête des 40 ans des « weekend Folk » (Borzée, Massembre), Luc Larue avait rappelé que tu étais présent au tout premier de cette longue série de stages.   En qualité d’animateur, déjà.

Impossible de me souvenir de toutes les prestations que nous avons partagées… Au moins une ou deux scènes au Festival de Marsinne (il y a bien longtemps), un … très long voyage dans ton  éternel Break Renault foncé pour une tournée vers Saint-Luc en Suisse en 1999, des prestations à Nivelles, Louvain-la-Neuve, Rixensart, Marchin,  et tant d’autres…

Peu de gens savent que tes tout premiers pas en musique, c’est à la contrebasse que tu les as faits.   Tu m’avais parlé des cours avec une jeune contrebassiste décédée accidentellement bien trop tôt, événement qui t’avait profondément marqué.  Après un temps d’arrêt, si je me souviens, tu as repris la musique et adopté l’épinette.   Tu as gagné en facilité de transport, et en originalité.   Ce qui est sûr, c’est que vous vous êtes bien trouvés, l’épinette et toi.

Si tu ne cherches pas particulièrement à t’exposer sous les projecteurs, on trouve des traces de ton travail sur à peu près toutes les pages « historiques » du Canard folk.   Dès 1975 avec les Macloteus, dans les années ’80 avec Salon Ambroisine (duo d’épinette avec Thierry Legros).  A partir de 1995,  avec le chanteur « Jeune public » Jean-Paul Chemin   Plus récemment des traces de concerts avec Epinette Quartet.   Tu es certainement un des seuls à avoir pu ouvrir une classe d’épinette dans une académie de musique.

Ce que j’aurai appris à tes côtés, toi qui jouais un instrument qui susurre, qui murmure, qui chuchote, c’est d’ exploiter pleinement le registre le plus grave, le plus sensible et le plus discret de ma clarinette… et en mode pianissimo pour laisser la place à tes glissandos, tremolos et toutes les manières subtiles que tu utilisais pour chatouiller tes cordes.  Des instruments qui viennent d’horizons si éloignés, et qui pourtant s’entendent si bien.

Tu es un passionné.   Tu partages tout ce que tu adores.  Tu le fais savoir et nous emportes dans l’élan de ton enthousiasme.  Ta passion pour la musique traditionnelle, bien sûr, dont tu peux sortir pour apprécier d’autres couleurs, d’autres timbres, d’autres harmonies.

Tu exclames aussi – avec un style qui t’appartient à toi seul – ce que tu n’aimes pas, tes amis le savent bien.   Notamment, tu n’aimes pas qu’on dénature trop brusquement la musique traditionnelle.  Tu l’aimes « telle quelle », dans son jus.    Et à ceux qui osent faire remarquer cette fine pellicule de poussière qui reposerait sur la « musique trad » parfois , tu réponds que c’est comme ça que tu l’aimes.  Fidèle à tes racines.   

Ronchon, bougon, râleur parfois?  Non.  C’est toi.  C’est André… et c’est comme ça qu’on t’aime, André.  

Bon vent André… Un énorme merci d’avoir fait notre vie musicale plus belle.   Nous te souhaitons un beau voyage vers un « Wonderful World ».   Un monde où l’on danse des maclottes. »

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